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Under the Silver Lake de David Robert Mitchell

Mis à jour : 21 févr 2019

De retour de Under the Silver Lake de David Robert Mitchell. À la fois à l’écriture et derrière la caméra, le réalisateur du très bon It Follow revient-il quatre ans après son dernier film pour nous servir un nouveau petit bijou du grand écran ? Clairement, oui !

En compétition à Cannes, Under the Silver Lake n’a pas à rougir de ses concurrents. Sam, interprété avec talent par Andrew Garfield, jeune homme nonchalant sans le sou et tentant de percer à Hollywood, se lance dans un jeu de piste pour tenter de retrouver sa voisine, subitement disparue le lendemain de leur rencontre. Commence alors un périple ésotérique dans la fantasmagorique ville de Los Angeles où l’univers hollywoodien nous est présenté par des personnages et des lieux des plus extravagants et libidineux. Le rêve et la réalité ne cesseront de se mêler dans cette quête tantôt tragique, tantôt comique, où se marient les situations cocasses et les scènes de gore. À mi-chemin entre Mulholland Drive de Lynch et Las Vegas Parano de Gilliam, Under the Silver Lake, sans être aussi barré, est filmé avec une caméra folle, affuté d’un gros travail sur le son, et de séquences d’animation très soignées.

Mais ce qui est très fort dans Under the Silver Lake c’est ce florilège de culture pop qui envahit chaque image du film. Il y en a pour tous les goûts : cinéma, musique, littérature, bande-dessiné, jeu vidéo… à la fois au centre de l’intrigue, au cœur même de l’enquête que mène Sam, mais aussi dans les détails, à destination du spectateur, soulignant les références même de Michell pour son film — on ne citera que Alfred Hitchcock et Orson Wells dont on aperçoit les tombes. Si par moment le scénario peut faire perdre pied, le film reste néanmoins plus accessible qu’un Mulholland Drive ou même le Maps to the Stars de David Cronenberg. Hollywood est ici un terrifiant théâtre aux légendes urbaines effrayantes, où le culte de l’image transforme ses habitants en voyeurs, où la publicité et la pop culture recèlent des messages codés et où les puissants dirigent un monde dégoulinant d’excès qui les insatisfait au point de le fuir, emportant avec eux les âmes égarées de la citée des anges.

Grinçant, dérangeant, angoissant, bien filmé et riche d’une réflexion grisante mais rarement mise en scène sur la pop culture, Under the Silver Lake est assurément une réussite.