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The Dead Don't Die de Jim Jarmusch


Hier s’ouvrait le 72ème festival de Cannes et avec lui, le dernier film de Jim Jarmusch, The Dead Don’t Die. Sans être un amateur des films du bonhomme, je me souviens de son Ghost Dogen 1999 et de son style si singulier. Dans la continuité de Only Lovers Left Alive, il n’était pas si étonnant de voir Jarmusch s’essayer au film de zombies… enfin, presque pas si étonnant. Mais le prestigieux casting et son statut de film d’ouverture du festival attisent les curiosités. Donc, qu’en est-il ?

Centerville est une petite ville située en pleine campagne. Calme et monotone, rien ne semble perturber la tranquillité de ses habitants, jusqu’à ce qu’une catastrophe planétaire se déclenche et entraîne le réveil des morts.

Scénario qui n’a rien de transcendant, mais ce n’est pas l’objectif ici, Jarmusch s’emparant plutôt d’une formule déjà bien utilisée par la machine hollywoodienne pour l’appliquer à son propre monde, un microcosme où chaque lieu, chaque personnage est animé par la nonchalance et la banalité, réduisant la frontière avec le mort-vivant qui sort de sa tombe pour reproduire ses activités ante-mortem : fixer l’écran de son smartphone, se rendre sur son lieu de prédilection, répéter les mots qui ont pu rythmer sa vie… sans non plus manquer de se régaler de chair fraîche. Les fans de Jarmusch y verront surement la paraphrase du discours d'Adam dans Only Lovers Left Alive.

Loin du blockbuster grandiloquent ou du film d’action nerveux, The Dead Don’t Die adopte le rythme lent et paisible de la chanson de Sturgill Simpson, écrite spécialement pour lui. Annoncée dès le début comme la chanson du film par l’un des personnages, le quatrième mur s’ébranle et permet à Jarmusch de surprendre le spectateur tout en ajoutant des allusions aux autres rôles de ses acteurs récurrents. L’hommage est de mise ici et l’humour sonne juste, ça fait très plaisir.

Néanmoins, tout n’est pas parfait. Car si on rit des plaisanteries et qu’on savoure le style de Jarmusch lorsqu’il se mélange aux codes d’un genre longtemps recyclé, le tout manque d’envolées et de prises de risque (même s’il y en a), et la conclusion s’avère trop plate pour véritablement avoir un impact. Le discours du réalisateur reste peu inspiré et ne permet pas cette fois-ci de convaincre, notamment avec ce monologue final, peu subtil, et qui fermera les yeux du spectateur à l’instar du fondu au noir qui clôture le film.

The Dead Don’t Die ne sera pas le film le plus marquant de Jarmusch mais peut-être celui qui lui permettra de rencontrer un nouveau public. S’attaquant à un genre très prisé avec son casting cinq étoiles et son humour efficace, il a de quoi susciter l’intérêt mais risque de miner les habitués.