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Paranoïa de Steven Soderbergh

De retour de Paranoïa de Steven Soderbergh. Claire Foy, que l’on a pu voir dans le premier rôle de la série Netflix The Crown, campe ici le personnage de Sawyer Valentini, ancienne victime de harcèlement et placée contre son gré dans un institue psychiatrique. Est-ce que le film parait aussi saisissant que la bande-annonce le laisse suggérer ? Pas tant que ça.

Déjà, la première motivation de Soderbergh pour ce film était de le tourner avec un iPhone 7 Plus. L’utilisation du smartphone donne un aspect très intéressant à la réalisation, utilisant le double objectif pour avoir un arrière plan tout aussi net que le premier, l’utilisation du grand angle qui déforme l’image (un peu à la Terry Gilliam), la photographie pas toujours propre (le smartphone d’Apple a du mal dans les zones peu éclairées, ce qui fait qu’on se retrouve avec des séquences très sombres… je suppose que c’est voulu… mais pour quel intérêt ?). De plus, filmer avec un smartphone donne un aspect très voyeurisme, ce qui colle bien avec le thème du harcèlement du film : on a souvent l’impression d’observer en cachette Claire Foy qui est toujours à regarder derrière elle pour s’assurer que personne ne la suit. A cela, on peut ajouter d’autres effets de style comme cette obsession qu’a le harceleur pour le bleu, poussée au maximum avec ces plans en forêt où ladite couleur sature complètement l’image (ça m’a fait penser à une scène de l’Oiseau au plumage de cristal de Dario Argento… va savoir s’il y a un rapport).

Et l’histoire dans tout ça ? Et bien, elle casse pas des briques ! En même temps, Soderbergh a juste demandé un scénario bateau à ses amis James Greer et Jonathan Bernstein : une femme qui souffre de traumatisme suite à son harcèlement se retrouve dans un institue psychiatrique à cause de médecin peu scrupuleux qui lui font signer une autorisation d’internement pour encaisser l’argent de l’assurance. Et là, elle voit à nouveau son fameux harceleur, mais est-ce vraiment lui ou est-ce son esprit qui lui joue des tours ? Sans dévoiler les suites de l’histoire, je dirai simplement qu’on a plusieurs axes et thématiques intéressantes dans ce film mais qui se déroulent sans aucune synergie, en total autonomie, ce qui fait l’intrigue du film s’en voit décousu — ou filé d’incohérence, comme vous voulez — et perd donc en efficacité dans son propos, devenant même une imposture à mon sens.

Au final, on se retrouve avec un exercice de style fort plaisant dans sa réalisation, mais complètement à côté de ses pompes pour ce qui est du scénario qui comporte des éléments intéressants mais utilisé n’importe comment. Reste à savoir si on préfère avaler cette pilule avec un verre à moitié plein ou à moitié vide.