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Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau

Mis à jour : 16 févr 2019

De retour de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau. Le réalisateur des Babysitting et Épouse-moi mon pote, adapte la série animée Nicky Larson, lui-même étant tiré du manga City Hunter de Tsukasa Hōjō. Pari très risqué qui effraie les fans, autant ceux de l’œuvre de Hōjō que ceux du dessin animé diffusé par le Club Dorothée. À la fois réalisateur, co-scénariste et acteur, Lacheau parvient-il à nous séduire ou à nous décevoir ?

Nicky Larson, détective privée à la solide réputation et obsédé de la gente féminine, accompagné de son associée Laura, se voit confier la mission de protéger le parfum de Cupidon, capable de rendre irrésistible celui qui le porte. Mais à peine lui remet-on la valise contenant le précieux produit que celle-ci se fait dérober et que la quête de Nicky commence.

On est tout de suite plongé dans l’action avec la confrontation entre Nicky Larson et Mammouth dès les premières minutes du film. Combat épique, préquel de scènes d’action rythmées et des plus satisfaisantes, qui semble nous dire que Lacheau est en terrain connu. Les multiples clins d’œil, références et caméos disséminés dans tout le film prouvent que c’est bien un fan de Récré A2 et du Club Dorothée (dont l’iconique présentatrice fait une apparition) qui est derrière la caméra : car sans parler uniquement de Nicky Larson, les autres animés et les émissions qui les diffusaient ont droit à leurs allusions. C’est d’ailleurs l’un des bons points de ce film qui respire la sincérité avec ces petits hommages aux programmes qui passaient à la télévision française dans les années 80/90. En plus de ça, l’esthétique des personnages est scrupuleusement respectée, notamment au niveau des costumes et on sent l’influence du manga d’origine dans plusieurs séquences.

Mais malgré ça, Nicky Larson est loin d’être exempt de défauts, et ce notamment à cause d’une réalisation complètement inégale. Si comme dit précédemment, les scènes d’action sont nerveuses et bien chorégraphiées, le montage est complètement désarticulé, avec des flashbacks mal incorporés, des répliques inutiles et un scenario bancal. Si l’humour et le style de Lacheau pouvaient bien se prêter à l’exercice avec des gags qui tombent justes, on a aussi des excès ridicules, réduisant la contenance des personnages, ce qui à terme, met à mal les quelques moments de sérieux du film. L’œuvre d’origine arrivait à conserver cet équilibre entre humour graveleux et trame dramatique, contraste qui rendait l’univers attrayant et les personnages attachants ; ce que Lacheau n’arrive pas à faire. On est tellement dans la surenchère de sketchs rappelant ses précédentes productions qu’on ne croit pas une seconde à la gravité de certains passages. En résulte des moments malaisants, amplifiés par des jeux d’acteur déplorables (parmi les jeunes têtes d’affiche, seule Elodie Fontan tient la route… quand le scenario lui permet). Je ne m’attarde pas sur les seconds rôles, notamment celui qui ne sert qu’à justifier la présence de Tarek Boudali au casting : il fallait bien faire participer tous les copains.

Nicky Larson et le Parfum de Cupidon est empreint de sincérité et de réelles bonnes intentions, mais le manque de cohésion et la mise en scène mal dosée de Philippe Lacheau, associés à ses performances d’acteur peu crédibles, alourdissent le film sur la longueur, le rendant fatigant, limite rasoir. Des arômes savoureux mais un résultat globalement indigeste. Ça reste toutefois meilleur que l'adaptation avec Jackie Chan...