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Ma de Tate Taylor


De retour de Ma de Tate Taylor. Trois ans après La Fille du train, le réalisateur de La couleur des sentiments revient avec un thriller, continuant dans la lancée de son précédent long-métrage. S’associant avec la maison de production de Get Out et Action ou vérité, on peut attendre le meilleur comme le pire. Qu’en est-il donc ?

Maggie vient d’emménager avec sa mère dans la ville natale de celle-ci. Désireuse de s’intégrer dans son nouveau lycée, elle suit ses camarades de classe pour une fête. Mais les adolescents, ne pouvant acheter de l’alcool, demande alors à Sue Ann (Octavia Spencer) de leur en procurer. Suite à quoi, la bonne dame leur propose de faire la bringue dans sa cave…

Vu ce qui était annoncé sur le papier, je m’attendais à une sorte de huit clos qui monterait crescendo dans l’horreur. Ça n’a pas été le cas. Ni pour le huit clos, ni pour le crescendo de l’horreur. À ce niveau, le film n’arrivera pas à faire monter la sauce, ni à nous faire bondir, malgré l’ambiance malsaine qu’il tente d’installer par moment mais qui au final s’avère très fine. Si quelques idées gores ponctuent la fin du film, le spectateur habitué en redemandera, d’autant plus qu’il risque d’être déçu du développement du pitch de départ qui, s’il semblait aborder un sujet intéressant, l’exploitera avec beaucoup de maladresses. En effet, le scénario est bourré d’incohérences au niveau de sa construction et des agissements de ses personnages : tant de naïveté et de candeur chez des ados de seize ans sont vraiment ridicules. Surtout quand on les voit passer d’un bord à l’autre sans raison. Pour les adultes, ce n’est pas mieux, avec des façons de faire bizarroïdes qui ne servent qu’à justifier des scènes de conflits peu crédibles ou la suite des évènements : la façon dont le père demande à Sue Ann de ne plus approcher son fils, ou la dispute avec la mère de l’héroïne. Des face-à-face qui présentent les liens de ces protagonistes, mais qui au final, sonnent creux.

C’est d’ailleurs peut-être l’un des rares bon point de Ma que ces connexions entre les personnages adultes : d’anciens camarades de lycée présentés lors de flashbacks (rares moments convaincants du film) où l’on nous montre leurs rôles dans le traumatisme de Sue Ann. L’effet de miroir avec leurs enfants, les protagonistes donc, aurait pu être intéressant s’il avait été exploité. Au lieu de ça, nous avons surtout une toile d’araignée d’accointances qui alourdissent le film plutôt que de lui donner de la profondeur. Comme les agissements psychotiques peu inspirés de Sue Ann, malgré la bonne interprétation d’Octavia Spencer, qui parvient à être très malaisante quand le script lui demande de l’être. Néanmoins, sa folie n’a aucun relief et n’est que sommairement développée pour rendre cohérents ces agissements meurtriers : elle se met à tuer parce qu’on est dans un film d’horreur et non parce qu’elle y est véritablement amenée par des évènements dramatiques… ou du moins, on ne nous le fait pas sentir, tout étant trop aseptisé.

Bref, à part deux plans de caméra intéressants, une idée de départ sympathique et quelques coups d’aiguille bien placés, on ne retiendra pas grand-chose de ce film mal écrit, sans ambiance et aux personnages inexpressifs.