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Lisa Tuttle - Ainsi naissent les fantômes

Aujourd’hui, parlons un peu d’une pointure de la littérature fantastique : Lisa Tuttle. Écrivaine américaine contemporaine, née en 1952 au Texas, elle est une véritable référence dans le domaine du fantastique. Pourtant son oeuvre a été très peu traduite en français et outre des romans comme Le Couteau sacrificiel ou Compagnon de nuit, on retrouve plusieurs de ses nouvelles dans des recueils tels que Elle qui chevauche les tempêtes (co-écrit avec George R. R. Martin, s’il vous plait) ou Ainsi naissent les fantômes. Ce dernier, paru en 2011, regroupe sept nouvelles choisies et traduites par la française Mélanie Fazi. Une belle initiative étant donné que ces textes n’étaient plus disponible en français depuis un certain temps.

L’écriture de Lisa Tuttle se révèle très intime et dramatique. Féministe engagée, des thématiques comme la grossesse, l’accouchement, le rapport mère/enfant prennent des dimensions à la fois surréaliste et naturelle, jonglant avec l’incrédulité et la cohérence. Il y a des images fortes, vivantes et cauchemardesques dans les écrits de Lisa Tuttle. La première qui me revient en mémoire lorsque je pense à ses nouvelles se trouve dans Ma pathologie, lorsque la protagoniste, venant de tomber enceinte, voit une horrible excroissance grossissant sur la demeure de son amant :


« En temps normal, la maison de Daniel ressemblait en tous points à celle de ses voisins, mais pas ce soir-là.

Ce soir-là, je vis quelque chose en dépasser. Une sorte de bulle ou de cocon pâle et blanchâtre, de la taille d’une petite chambre. Il me semblait s’agir d’une matière biologique qui avait poussé là plutôt que d’un quelconque ajout. Comme si la maison de Daniel était un organisme vivant, un corps capable de produire une substance pareille à un tissu. »

Lisa Tuttle, Ma Pathologie.


Les angoisses que Lisa Tuttle met en scène s’avèrent corporelles, insectoïdes, viscérales : comme quelque chose qui vient de l’intérieur, aussi effrayant que violent. On retrouve aussi cette violence passive dans l’amour et la mort, tous deux étant les faces d’une même pièce, rendant les personnages Lisa Tuttle tragiquement humains, vrais.

Des textes puissants dont je vous conseille la lecture. Outre la variété des récits, ils offrent une expérience fantastique des plus riches et des plus inspiratrices.