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Les Frères Sisters de Jacques Audiard

On revient du dernier film de Jacques Audiard : Les Frères Sisters, premier film du français tourné sous le soleil américain. Enfin, façon de parler, le casting nous vient bien du pays de l’oncle Sam mais tout a été filmé en Europe, entre l’Espagne, la France et la Roumanie. John C. Reilly, qui joue l’ainé des frères, également producteur du film, est celui qui est venu demander à Audiard de s’occuper de l’adaptation du roman de Patrick deWitt. Vu comme une commande, est-ce que Jacques Audiard, se donnant au genre phare américain, parvient-il à s’imposer au milieu du Far West ? Sans tenir sur la longueur, je dirais que oui.

On suit donc deux frères tueurs à gages, les frères Sisters, interprétés par John C. Reilly et Joaquin Phoenix qui, après nous avoir directement plongé dans l’action avec une de leur mission, s’en voit confier une autre : récupérer la formule d’un chimiste (Riz Ahmed) avant de le tuer. Chimiste qui sera retrouvé et livré par le détective John Morris interprété par Jake Gyllenhaal. Du beau monde qui feront briller ce qui sera véritablement la force du film : ses personnages. Les duos Reilly/Phoenix et Ahmed/Gyllenhaal fonctionnent très bien, leur relation évoluant avec maitrise au cours des disputes, confessions et réflexions sur ce monde en plein changement. Des thèmes comme la fraternité, le conflit intérieur avec l’héritage paternel, et le sens de la vie dans un monde sauvage où la civilisation peine encore à trouver sa place, sont très bien mis en scène.

Outre la réalisation soignée, les moments d’action prenant — sans non plus nous donner le grand frisson — le film a par contre du mal à nous tenir en haleine tout le long. Si la première moitié est dynamique avec cette traque jalonnée d’imprévus et de contre-temps, la deuxième partie se voit perdre en intensité. Sans desservir ses personnages, l’action s’adoucit jusqu’à cette conclusion ironique, frustrante, mais attendrissante.

Plus accessible que le Hostille de Scott Cooper, mais néanmoins moins épique, moins poignant, il manque aux Frères Sisters cette tension et ce drame dans son intrigue qui aurait pu apporter à ses personnages bien rodés, une profondeur supplémentaire et permettre au film de garder toute sa force jusqu’au bout des deux heures. Le western de Jacques Audiard reste tout de même un bon film du genre à ne pas manquer.