Vous pouvez aussi

me suivre sur : 

© 2018-2020 by Anthony Lamacchia
 
Contact : anthony_lamacchia@gmx.fr
  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Du film à la série

Comme prévu, voici le petit mot sur les adaptations cinématographiques de la série littéraire Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Si ce n’est pas déjà fait, n’hésitez pas à lire l’article sur les livres et notamment l’auteur, Daniel Handler.

La dernière saison de la série produite par Netflix clôture enfin cette adaptation qui avait déjà été portée (en partie) à l’écran en 2004 avec le film réalisé par Brad Silberling. Avec un super casting : Jim Carrey, Jude Law, Meryl Streep, Timothy Spall, Catherine O’Hara et la jeune Emily Browning (dont le rôle de Violette Baudelaire lui apportera le succès — on la retrouvera d’ailleurs dans le premier rôle de Sucker Punch en 2011), une ambiance et un scénario fidèles aux trois premiers tomes, le long-métrage avait tout pour réussir. Malheureusement, le succès ne fut pas au rendez-vous (je n’ai jamais compris pourquoi étant donné la qualité du bordel), la suite ne sera jamais lancée, et le projet partira aux oubliettes, au grand dam du producteur délégué : Barry Sonnenfeld. Un nom important, le bonhomme s’est fait connaitre à Hollywood en réalisant La Famille Addams et sa suite, respectivement en 1991 et 1993, ainsi que le très bon Men in Black en 1997 et les beaucoup moins bons (voire oubliables) Men in Black 2 & 3, respectivement sortis en 2002 et 2012.

Bref, c’est tout de même l’homme qui semble surveiller l’adaptation de l’œuvre de Handler/Snicket dont les droits sont entre les mains de la Paramount. En 2015, peu de temps après que Netflix annonce la production de la série, Sonnenfeld se joint justement au projet, en tant que producteur, et même réalisateur de certains épisodes. Et dès le premier, on voit son importante implication et sa pâte artistique : l’actrice Malina Weismann et sa forte ressemblance avec la première interprète de Violette Baudelaire, Emily Browning (sérieux, on dirait des sœurs) ; les décors quasi-similaires avec le premier film (la plage, la demeure du comte Olaf, le lac Chaudelarmes…), le déroulement des premières intrigues (même si le format de la série a permis des rajouts non négligeables) ; et je ne parle pas de la photographie, de la mise scène et autres éléments qui montrent que Sonnenfeld, depuis 2004, n’avait pas abandonné l’idée d’adapter la série des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.

Le format de la série s'avère un bien meilleur choix que celui du long-métrage, chaque tome prenant deux épisodes (excepté le dernier, condensé en un seul, ce qui est bien dommage, vu comme il est expédié à la va-vite) et permet un meilleur développement de l’intrigue et des personnages. D’ailleurs, tout est clairement plus abouti que dans la réalisation de Silberling (déjà de très bonne qualité). On est bien plus proche du ton des livres, avec une dynamique folle, une écriture soignée et des acteurs très convaincants. Neil Patrick Harris offre une excellente performance à la hauteur de celle de Jim Carrey (les deux campent deux comtes Olaf différents mais cohérents et maitrisés) et mention spécial à Kenneth Todd Freeman qui obtient le rôle de M. Poe : il m’a fait rêver durant les trois saisons. Et même quand ça chante, c’est génial !

De plus, pour en revenir aux livres, l’auteur lui-même a participé à l’adaptation et semble en avoir profité avec les autres scénaristes pour peaufiner la trame sur la société secrète VDC (VFD dans l’original) : plus de détails, des personnages avec des rôles plus importants, et une implication plus poussée dans l’intrigue que dans les livres. Malgré quelques effets spéciaux moyens (dans certains épisodes) et des situations frôlant le ridicule (et d’autres clairement absurde), la série semble faire mieux que le premier film et même les bouquins, retirant également des passages complètement guignolesques traduisant les moments où M. Handler faisait preuve de paresse d’écriture. Je me souviens de ce passage dans le tome 4 où Prunille, la benjamine des Baudelaire, réputée pour ses dents acérées, livre bataille avec un escrimeur, se servant de ses quenottes contre l’épée de son adversaire : trop surréaliste pour moi — heureusement que nous n’avons pas eu ça dans la série.

Bref, malgré un dernier épisode un peu précipité, Barry Sonnenfeld et son équipe nous ont livré une excellente adaptation de l’œuvre littéraire de Daniel Handler, alias Lemony Snicket. Si vous avez un abonnement Netflix, vous devez voir cette série !