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Le Chant du loup d'Antonin Baudry

De retour du Chant du loup d’Antonin Baudry. Connu sous le nom d’Abel Lanzac dans l’univers de la bande-dessinée, le scénariste du Quai d’Orsay passe derrière la caméra pour son premier film dont il a également signé le scénario. Que vaut donc les premiers pas de cet ancien diplomate dans le monde du cinéma ?

À peine rentré de mission, le commandant Grandchamp reprend la mer à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, escorté par son ancien second, d’Orsi. Mais à peine s’immerge-t-ils qu’une menace est détectée et que l’Amiral fait appel au jeune Chanteraide, opérateur sonar talentueux, pour les aider à éviter une crise mondiale.

Synopsis assez approximatif afin de ne rien révéler à ceux qui n’auraient pas encore vu le film. Car en effet, le scénario se veut bien écrit et cache quelques rebondissements et trames narratives ingénieuses. Il est également extrêmement précis dans ses détails du monde des sous-mariniers, autant dans le jargon que dans les procédures, nous plongeant véritablement dans cette branche exiguë et millimétrée de la marine. Mais si le gros de l’histoire s’avère réussi, celle-ci est tout de même ponctuée d’éléments bancals ou tirés par les cheveux, que ça soit l’élément perturbateur de l’intrigue, ou les traits d’humour des officiers supérieurs en situation de crise (malgré le malaise qu’elle peut engendrer, la boutade sur les poulpes de Kassovitz m’a fait sourire).

À côté de ça, le rythme nous tient en haleine de bout en bout. Ça s’enchaine, peu de coupures, de la pression, une véritable tension dans cette confrontation où la moindre erreur peut être fatale. Mais en y repensant, je dois bien admettre que l’introduction avait une meilleure dynamique que le final, pourtant bien tourné. Si les scènes sous-marines sont réussies, et la gestion du son de grande qualité, on notera un déséquilibre au niveau des effets spéciaux — je ne me remets toujours pas de l’explosion de cet hélicoptère.

Et niveau jeu d’acteur, on ne va pas faire la fine bouche, ça tient la route, même si un peu plus de pathos aurait été la bienvenue sur tous ces visages crispés par le sérieux procédural. Et puis, l’unique rôle féminin (ah bah oui, on est chez les hommes ici) n’est pas totalement inclus avec gratuité dans le récit, malgré encore une fois, une certaine exagération dans les faits (je parle du coup du cannabis).

Pour un premier film, Antonin Baudry, malgré quelques imperfections, signe avec Le Chant du loup, un drame très efficace dans sa réalisation, notamment dans un décor peu utilisé dans le septième art. Au moins un film français qui ne torpillera pas le cinéma de l’hexagone.