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La Mule de Clint Eastwood

De retour de La Mule de Clint Eastwood. Infatigable, l’acteur et réalisateur qu’on ne présente plus enchaîne après le 15h17 pour Paris avec un film plus personnel que beaucoup ont associé à Gran Torino. À juste titre pour ce qui est des thèmes abordés, La Mule s’élève-t-il tout de même à la hauteur de ce dernier ou rejoint-il les films moins convainquant comme Invictus ?

Earl Stone est un octogénaire qui a consacré sa vie à son travail au détriment de sa famille, allant même à ne pas se rendre au mariage de sa fille. Mais alors qu’il fait faillite, il tente de se racheter en allant à celui de sa petite-fille. Et afin de le financer, il devient la mule d’un cartel de la drogue.

Une intrigue toute simple, inspirée d'une histoire vraie, qui permet à Eastwood d’aborder tous les thèmes qui lui tiennent à cœur : la fine frontière entre la vie et la mort, le pardon, le patriotisme américain (moins que d’habitude, mais quand même) dans un rôle qu’on lui connait, celui du vétéran de guerre qui se démène pour rattraper le temps perdu et racheter ses fautes passées… tant bien que mal. Earl Stone, son avatar du jour, parvient à être réellement attachant avec ses leçons de vieil homme et ses propos arriérés. Sans surprise, Eastwood est vrai dans ce personnage de l’ancêtre à la forte tête qui lui va comme un gant depuis… et bien depuis qu’il a des cheveux blancs. J’ai lu le mot testamentaire pour définir cette réalisation du dinosaure d’Hollywood. Il y a du vrai là-dedans avec cette omniprésence de la mort et de la rédemption. Malheureusement, il manque à La Mule ce qui a par exemple fait la réussite de Gran Torino : de l’enjeu, du drame et de la force !

L’action se déroule tranquillement sans jamais réellement décoller. On ne tremble jamais pour notre héros qui semble maîtriser la situation de bout en bout, même quand on essaie de nous faire croire que ça devient un peu plus tendu. Le dénouement est sans surprise et l’espèce de conclusion est aussi lisse que la réalisation, elle-même droite et sans détour comme la route qu’on ne cesse de voir durant tout ce road trip, certes sympathique, mais à l’intérêt très limité.

La Mule peut se résumer autant sur la forme que dans le fond à la tranquille balade d’un retraité touchant qui, arrivant au crépuscule de sa vie, tente d’acheter une place au paradis à son âme coupable. Sincère mais peu impactant. Si le personnage de Bradley Cooper semble en avoir tiré une leçon, ça ne sera pas le cas du spectateur tant le voyage s’est passé sans encombre.