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Joker de Todd Phillips


Hier soir, c’était l’avant-première de Joker de Todd Phillips. L’homme qui a commencé sa carrière dans la comédie avec Road Trip et la trilogie Very Bad Trip a retourné sa veste en 2016 avec War Dogs et cette année avec Joker. Gros challenge qu’un film sur l’un des personnages les plus riches de l’univers DC Comics, autant pour son metteur en scène que pour sa tête d’affiche. Si Jared Leto a eu du mal à convaincre, Heath Ledger reste pour beaucoup un indétrônable interprète du prince du crime de Gotham. Joaquin Phoenix réussit-il donc à reprendre le flambeau ? L’obtention du Lion d’or à Venise nous souffle déjà une réponse.

Arthur Fleck est un comédien raté travaillant en tant que clown dans les rues de Gotham City. Malade et déprimé, méprisé et moqué par tous, il va lentement sombrer dans la folie…

J’en dis le moins possible pour ne pas dévoiler les multiples éléments qui vont faire d’un homme bafoué par la société un tueur psychopathe, ennemi juré de Batman. Mais dans ce film, pas question de super-héros ou de super-vilain, on n’est clairement pas dans une production à la Justice League ou à la Suicide Squad, fort heureusement. L’action se centre uniquement sur le personnage interprété par Joaquin Phoenix qui nous délivre une superbe performance : mélancolique, en colère, joyeux… le Joker est à la fois effrayant et malaisant, mais aussi fragile, mutilé. Les divers aspects qui le caractérisent : son rire, son maquillage, sa théâtralité… puisent leurs origines dans le réalisme et la pertinence, ce qui donne forcément du poids au personnage et même une légitimité. Son développement est maîtrisé au fur et à mesure de l’action, parfaitement rythmée et orchestrée par une musique millimétrée.

Vous l’aurez compris, niveau mise en scène, ça envoie du lourd. Le son et la photographie étant en corrélation avec l’évolution du personnage, on baigne du début à la fin dans une ambiance glauque et pesante. Tout comme la ville : Gotham City a rarement été aussi répugnante avec ses murs et ses métros couverts de graffitis, son invasion de rats, ses montagnes de poubelles dans les rues, sa jungle de buildings gris et stoïques. Le terreau idéal pour faire germer la folie. Une folie qui va prendre différentes formes chez le Joker jusqu’à sa transformation et qui n’est pas sans rappeler le Travis de Taxi Driver. Le parallèle avec le film de Scorsese est encore plus flagrant avec son décor ordurier et sa critique de la société. D’ailleurs, dès le début du film, en toile de fond, flotte cet air de révolte, cet instant critique où la ville de Gotham est au bord du gouffre et permet de trouver sa place dans l’univers de Batman en tant qu’origine story.

Bref, pari réussi sur toute la ligne pour Todd Phillips et Joaquin Phoenix avec ce film. Le personnage du Joker a été traité avec véracité et justesse dans une histoire cohérente, bien écrite, et brillamment portée à l’écran par une mise en scène soignée. Sans être un film de super-héros, ça reste le meilleur film DC depuis The Dark Knight et The Watchmen.