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Hellboy de Neil Marshall


De retour de Hellboy de Neil Marshall. L’espoir de voir le troisième volet de Guillermo Del Toro étant enterré depuis belle lurette, le retour du personnage créé par Mike Mignola sur grand écran devait forcément passer par la case reboot. Quand le nom de Neil Marshall a été annoncé, je me suis dit, « soit ça passe, soit ça casse », car le bonhomme a pu pondre des films très intéressants comme The Descent mais aussi des daubes comme Doomsday. Donc, que peut-on dire du nouveau rejeton de l’enfer ?

Hellboy (interprété par David Harbour, le shérif de Stranger Things), membre du BPRD, se rend en Angleterre pour venir en aide à des confrères britanniques contre des créatures malfaisantes. Et bien évidemment, rien ne se passe comme prévu et notre héros et ses acolytes vont rapidement être confrontés à une menace plus grande encore : la Reine de Sang Vivian Nimue (Milla Jovovich).

La première chose qu’on pourra relever dans ce nouvel Hellboy, c’est que ça va beaucoup trop vite. Le prélude avec le roi Arthur et la méchante reine avant l’apparition du titre est un enchainement d’images au montage limite épileptique. Ce rythme ne cesse d’époumoner le film plus qu’il tient en haleine le spectateur, comme si les gars avaient voulu caser toutes leurs idées (les bonnes comme les mauvaises) dans les deux heures imparties. Ce qui n’est pas excusable quand on voit le scenario décousu et rempli de scènes inutiles pour justifier la présence de personnages peu intéressants et de scènes forcées qui n’apportent rien ou peu de choses à l’intrigue principale. Pareil pour certains dialogues sans consistance, à croire que personne n’a rien d’intéressant à dire dans ce film, au point que les protagonistes eux-mêmes n’y croient pas. Cela dit, David Harbour, fait bien le boulot, même si les cigares de Ron Perlman m’ont manqué.

Après, tout n’est pas à jeter. Pour ce qui est des scènes d’action, on a droit des bastons en plans séquences très sympas, nerveuses, avec du heavy bien gras (enfin, autant que faire se peut avec ce genre de production). La bande-son est d’ailleurs bien cool, avec du Scorpions (en espagnol), du Royal Blood, du Mötley Crüe, du Alice Cooper… Autre bon point, le design des bestioles est vraiment très réussi ; que ça soit les créatures féeriques, les sorcières, les démons, on est très proche du comics et l’esthétique est cauchemardesque à souhait. Félicitations à Joel Harlow qui a encore fait du très bon travail. Dommage que les effets spéciaux n’aient pas suivi… car oui, niveau CGI, Hellboy a des années de retard : certaines scènes sont d’ailleurs gâchées à cause de ça, notamment avec ce sang, immonde et laid… Et du sang, il y en a ! Car oui, c’est gore ! Et pas qu’un peu, limite trop d’ailleurs. Mention spéciale pour l’invasion infernale en fin de film. C’est totalement assumé et c’est appréciable, mais ça perd en crédibilité quand on s’arrête sur la texture de l’hémoglobine, vraiment très moche pour un film de cette envergure.

Bref, moins inspiré que les films de Guillermo Del Toro, mal écrit, avec un rythme migraineux, indigeste, le Hellboy de Neil Marshall a le mérite de se détacher de ses prédécesseurs avec son ton plus sombre et plus gore, ainsi que son bestiaire et son maquillage très satisfaisants – malheureusement enlaidis par des effets spéciaux usités. Cela ne suffira pas, malgré les deux scènes de baston fendardes, à faire tenir le film sur la longueur tant les défauts restent conséquents.