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Hérédité d'Ari Aster


Comme Midsommar sort demain dans nos salles obscures, je me suis dit que j’allais vous parler du premier film de Ari Aster : Hérédité. Sorti l’année dernière, celui-ci n’a pas laissé les spectateurs indifférents – dans le bon sens comme dans le mauvais. Je me souviens encore des rires à ma gauche et des bâillements à ma droite dans la salle de ciné. C’est sûr que là, nous n’étions pas devant La Nonne. La réalisation d’Hérédité et son scenario ont en effet laissé bon nombre dans l’incompréhension et un deuxième visionnage pouvait s’avérer nécessaire pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce film qui a divisé les amateurs de film d’horreur. Certains le trouvèrent lent, mou et ennuyeux, d’autres savourèrent son ingéniosité et son ambiance glauque. Au final, qu’en est-il ?

Déjà, de quoi ça parle ? On va suivre la famille Graham qui, suite à la mort de Ellen, la grand-mère maternelle, découvrira les sombres secrets de celle-ci, tout en faisant face à d’étranges phénomènes.

Abordant un rythme lent, et une intrigue brumeuse (du moins lors du premier visionnage), tricotant le doute dans l’esprit du spectateur, Hérédité tire sa force dans la mise en place de son ambiance lourde et angoissante. Entre Annie, mère névrosée qui confectionne d’étranges maisons de poupées (mise en abyme du film) mettant en scène des moments clés de sa vie, Charlie, la fille qui semble souffrir de troubles du comportement, Peter, le frère fragile non-désiré, et Steve, le mari perdu au milieu de cette famille en deuil, Aster met en place un climat familial sous tension, un foyer favorable au drame qui va lentement germer au milieu de conflits psychologiques et d’évènements surnaturels.

Véritable film de possession, la descente aux enfers de la famille Graham peut se résumer à une pente boueuse où les tragédies vont s’agglutiner lentement dans un crescendo funeste et terrifiant : hallucinations, folie, mort sont au rendez-vous et proprement mises en scène avec plans ingénieux, musique grinçante et photographie soignée. Sans parler du jeu d’acteur qui rendra l’expérience plus traumatisante encore : Toni Colette est réellement effrayante quand elle laisse la peur déformer son visage.

L’intrigue elle-même est correctement construite, Aster ayant également signé le scénario qu’il a mis longtemps à peaufiner. D’autant plus qu’outre les répliques, c’est l’image elle-même qui apporte des éléments de réponse à la tortueuse histoire d’Hérédité, dont la fin en a laissé perplexe plus d’un. Une fin qui, même si elle est cohérente, manque d’impact de par son manque d’originalité. Car oui, tout n’est pas parfait dans Hérédité, avec sa dernière demi-heure qui ne s’émancipe pas totalement des redondances du genre, ainsi que des éléments d’intrigue assez capillotractés : le fait que l’accident de voiture ait été provoqué (dans ses moindres détails) reste assez exagéré pour ma part, ce qui détonne avec la cohérence que le film cherche à mettre en place – même si la scène en elle-même est très bien faite, il est dommage, au vu de son exécution, que cet instant tragique ne soit pas resté le fruit du hasard. Mais bon, je chipote sur des détails, tout comme le rôle du carnet rouge, qui pour moi, reste assez flou, et semble être un électron libre dans la construction de l’histoire.

Une chose est sure, malgré ces quelques défauts, Hérédité est à ranger aux côtés des meilleurs films d’horreur de ces dernières années qui misent sur une réalisation réfléchie, une ambiance travaillée et un intrigue correctement écrite. On est loin des grossières recettes hollywoodiennes comme la saga Conjuring aux jump scares peu inspirés et à l’univers dénué de subtilité.