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Dumbo de Tim Burton

Mis à jour : 1 sept 2019

De retour de Dumbo de Tim Burton. Presque dix ans après son Alice au Pays des Merveilles, le réalisateur d’Edward aux mains d’argent revient une nouvelle fois s’occuper d’un des classiques de la firme aux grandes oreilles. Depuis une décennie, voire plus pour certains, l’excentrique Burton ne parvient plus à séduire, son inspiration se tarissant au fil des années, ne parvenant qu’à pondre des films creux et ennuyeux. L’âge d’or de 90’ me parait bien loin. Peut-on espérer avec Dumbo, un retour en force ? Les chances sont minces.

De retour de la guerre, Holt Farrier revient au cirque Medici retrouver ses deux enfants et s’occuper des éléphants, notamment Madame Jumbo, qui vient de mettre au monde un éléphanteau aux grandes oreilles. Capable de voler, il attire rapidement la convoitise des plus fourbes, notamment le propriétaire du parc d’attraction Dreamland qui souhaite en faire sa nouvelle tête d’affiche.

Le milieu du cirque, Burton le connaît et cela se ressent. Les personnages loufoques, le train Casey qui ouvre le film, le père mutilé interprété par Collin Farrel, M. Loyal joué par Danny DeVito (exactement comme dans Big Fish) sont en parfaite corrélation avec l’univers visuel du metteur en scène. Coloré et attachant, l’esprit burtonien résonne à travers ces décors de saltimbanque et ces costumes de clown. Idem pour le parc d’attraction Dreamland et ses environnements haut en couleur, que ça soit l’immense chapiteau ou le ténébreux parc aux monstres (dont j’ai oublié le nom). Même Dumbo, avec ses grands yeux tristes et ses airs malheureux renvoie à la solitude et à la peine des personnages chers à Burton. Esthétiquement, Dumbo s’inscrit parfaitement dans le monde à la fois sombre et lumineux du père de Jack Skelington. Fellini aurait apprécié.

Mais pour ce qui est du fond, on est clairement sur une mer d’huile, la barque errant avec un flegme navrant. Le scénario signé Ehren Kruger, soi-disant fait sur mesure pour Burton, manque clairement de profondeur et de consistance. L’histoire tourne en rond à l’instar de Dumbo volant sous le chapiteau. Les personnages sont réduits à de simples clichés manichéens, malgré des interprétations plutôt convaincantes. Les scènes s’enchainent avec nonchalances et les libertés prises avec l’histoire originale n’apportent rien aux propos de ce conte. Quant aux scènes clés du dessin animé que Disney a dû exiger dans son cahier des charges, Burton les place au hasard dans son film et de façon maladroite : la scène des éléphants roses, même si elle est jolie, est d’une gratuité amère ; et la scène émouvante de Dumbo et sa mère avec la chanson Baby Mine est totalement inefficace et mal exploitée : aberrant.

Il est malheureux de dire que Dumbo, malgré une esthétique soignée, va rejoindre la filmographie ennuyeuse et essoufflée des années 2010 de M. Burton. Autrefois connu pour imposer ses idées aux producteurs, il semblerait que l’artiste ait perdu de sa vigueur pour ne plus être qu’un simple prestataire qui s’efforce de continuer à filmer, louant son univers à ceux qui veulent vendre du spectacle. Un peu comme Dumbo se faisant acheter par Michael Keaton pour jouer dans son cirque, Burton ne deviendrait-il par la marionnette prisonnière de Disney ? Si tel est le cas, je ne serai pas surpris de le voir réaliser une version live de Pinocchio.