Vous pouvez aussi

me suivre sur : 

© 2018-2020 by Anthony Lamacchia
 
Contact : anthony_lamacchia@gmx.fr
  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

Doctor Sleep de Mike Flanagan


De retour de Doctor Sleep de Mike Flanagan. Avec plusieurs films d’horreur et de thrillers à son actif comme Pas un bruit, ne t’endors pas ou encore Jessie (également adapté d’un livre de Stephen King), Flanagan était le parfait candidat pour réaliser la suite de Shining. Car en plus de porter à l’écran une nouvelle œuvre du maître de l’horreur, le bonhomme avait aussi la tâche de passer derrière Stanley Kubrick. Rien que ça. Et donc, qu’est-ce que ça donne ?

Presque quarante ans après les évènements de Shining, Dan Torrance, sevré et en train de reprendre sa vie en main, est contacté par la jeune Abra Stone grâce au Shining pour l’aider à arrêter une confrérie qui se nourrit des pouvoirs psychiques d’enfants afin de vivre éternellement.

On change clairement d’atmosphère par rapport au premier livre comme au premier film. Fini la folie due à l’isolation d’un hôtel hanté perdu en pleine montagne, nous avons maintenant une confrontation plus manichéenne entre individus possédant pour la plupart le pouvoir du Shining. Le scénario est signé par Flanagan lui-même et peut se découper en deux parties, la première présentant un Danny Torrance affrontant ses démons, afin de ne pas finir comme son père, tout en introduisant les autres protagonistes, qui, dans une seconde partie, se croiseront dans une sorte de jeu du chat et de la souris. Une écriture très convaincante qui prend le temps de tout mettre en place efficacement, même si nous avons quelques raccourcis. Néanmoins, sur deux heures trente de film, on arrive à tout caser, et ce, en restant efficace.

Car oui, le film fait très bien son travail. Niveau mise en scène, on sent que Mike Flanagan s’amuse encore à utiliser un gore stylisé et l’obscurité totale pour cacher une menace qui se dévoile lentement. Des plans bien calculés et une musique lancinante permettent aussi de maintenir une ambiance oppressante tout le long. On aurait aimé plus de profondeur sur les thèmes des peurs enfouies, mais l’interaction entre personnages et certaines scènes malaisantes compensent allégrement ce point. Niveau dialogue, le style de King semble s’être immiscé dans le script et le texte fonctionne bien : pas de naïveté ou d’humour ringard, on a des discours bien noirs et qui font mouche dans la bouche de la horde de Rose O’Hara, personnages monstrueux et bien interprétés, notamment leur leader campée par Rebecca Ferguson.

Et bien entendu, Flanagan en profite pour rendre hommage au film de Kubrick, autant dans l’introduction que dans la séquence finale. Peut-être même en en faisant un peu trop, mais on lui pardonne. Tout comme on lui pardonne certaines longueurs dans cette fameuse dernière partie.

Bref, Mike Flanagan confirme à nouveau sa bonne maitrise de l’éclairage et de la caméra, ainsi que l’efficacité de son écriture, même s’il manque de développer ses thématiques, préférant se concentrer sur l’interaction de ses personnages. Déjà, une meilleure adaptation que Ça ou Simetierre.