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Destroyer de Karyn Kusama

De retour de Destroyer de Karyn Kusama. Révélée en 2000 avec son film Girlfight, je n’ai malheureusement pas eu le plaisir de m’essayer à la moindre de ses œuvres. Sa collaboration avec Nicole Kidman me semblait un bon moyen de me rattraper, notamment avec les nombreuses critiques du film qui semblaient le vendre comme un surprenant thriller. Est-ce vraiment le cas ?

Erin Bell (Nicole Kidman), inspectrice de la police de Los Angeles, a infiltré dix-sept ans auparavant un gang de braqueurs de banque. On apprend rapidement que l’affaire a mal tourné et que le chef s’en est tiré. Or, au premier billet volé et peinturluré trouvé sur une scène de crime, Erin comprend que le bougre est de retour dans la cité des anges. Commence alors sa chasse à l’homme.

Un pitch de départ tout simple qui sent le réchauffer. Et c’est en effet le goût qu’aura l’histoire du film avec son enquête des plus classiques : interrogatoires, filatures, fusillades… Rien ne semble original dans tout ça, n’y même les à-côtés, comme les relations qu’entretient notre héroïne avec son ex-conjoint, son coéquipier, sa fille… Avec cette dernière, le pont avec l’intrigue principale est bien mis en place mais peu exploité, au point de ne pas donner grand intérêt à ces scènes sentimentales qui ponctuent le gros du film.

L’équilibre entre les flashbacks de l’infiltration et la recherche du méchant Silas (qui a aucun moment ne présente une réelle dangerosité) est bien dosé, faisant évoluer l’intrigue de façon concrète et soignée. On notera un bel effort sur le suspens, les scènes de tension disposant d’une mise en scène solide, ainsi que le final qui, malgré un petit twist amusant mais pas folichon, nous mènera au générique avec un pathos sincère mais peu impactant vu que le film n’a pas réussi à décoller durant ses deux heures.

Si Destroyer ne marquera pas les mémoires avec son intrigue trop simpliste, l’interprétation de Kidman reste son point fort. Complètement grimée, enlaidie (sans atteindre la Charlize Theron de Monster), l’actrice joue avec brio cette flic complètement brisée, rongée par une colère froide, et parviendra à faire partager sa souffrance avec le spectateur. Néanmoins, malgré quelques passages osés, la mise en scène de Kusama ne semble pas pouvoir exploiter au maximum les performances de sa tête d’affiche qui se voit confiner dans une structure trop banale.

Avec son scenario bien écrit mais sans prise de risque, Destroyer parviendra à faire passer un moment agréable au spectateur, sans non plus lui laisser un souvenir impérissable. Et cela malgré le talent de Nicole Kidman, limité par une intrigue trop classique et quelques scènes inutiles.