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Dan Simmons - Ilium

Il y a quinze jours, j’écrivais un article sur David Gemmell et il y a eu beaucoup d’échange sur sa dernière saga, le Cycle de Troie. Ça m’a alors fait penser à une autre œuvre qui reprend le classique d’Homère pour en faire un roman de science-fiction. Il s’agit d’Ilium de Dan Simmons.

Dan Simmons est un auteur américain, né en 1948 à Peoria dans l’Illinois, principalement connu pour ses romans de science-fiction et d’épouvante. Outre L’échiquier du mal (1989), Les Fils des Ténèbres (1994) et les Cantos d’Hypérion (série d’ouvrages allant de1989 à 1997), Simmons est aussi l’auteur d’Ilium, paru en 2003 et qui fut récompensé un an plus tard par le Prix Locus. Cet ouvrage aura une suite en 2005 intitulée Olympos.

Comme l’indique ces titres, notamment le premier qui nous intéresse ici, la guerre de Troie est au centre de l’intrigue. Simmons transpose le texte d’Homère dans un monde futuriste où l’imaginaire Antique rencontre les canons de la SF, donnant ainsi une œuvre nouvelle et originale.

Le roman se déroule quelques milliers d’années après notre ère – désormais appelé l’Ère perdue – et l’humanité a été quasiment anéantie par un virus, le Rubicon. Alors que notre planète bleue est sous le contrôle suprême de ceux qu’on appelle les posthumains, certains d’entre eux ont pris l’identité des dieux de l’Antiquité et s’amusent à refaire la guerre de Troie. On retrouve donc toutes les divinités Olympiennes, telles que Zeus, Héré, Arès, Apollon, Athéné, Aphrodite… Seul le roi des dieux est soupçonné de connaître tous les faits de l’Iliade selon Homère, mais afin de s’assurer que tout se déroule comme dans le récit, il ressuscite des érudits de différentes époques connaissant l’œuvre du poète sur le bout des doigts. Ces derniers, les scholiastes, dont fait parti notre héros : Thomas Hockenberry, doivent se rendre en plein Ilium afin de s’assurer que tout se déroule comme l’écrit Homère, faisant ensuite leurs rapports aux dieux.

Ce qui est fort dans ce pavé de neuf cents pages, c’est le savant mélange SF et éléments mythologiques : les dieux vivent sur Mars au milieu de petits hommes verts, et leurs pouvoirs divins sont en faites une technologie quantique très avancée. Ils se déplacent sur des chars volants aux chevaux holographiques, peuvent contrôler le temps, se téléporter à l’aide de médaillons, se protéger d’attaques à l’aide de boucliers d’énergie ; ou encore lorsque Athéné accompagne Diomède contre les Troyens, elle augmente ses facultés physiques avec des nanomachines. Les armes et les objets ne sont plus magiques mais deviennent des équipements de technologie futuriste. Ainsi le casque d’Hadès qui permet de devenir invisible est “truffé de machinerie, puces, circuits, nanos” et l’épée d’Ulysse — appelé Odysseus dans le roman — est aussi tranchante qu’un sabre laser de Jedi.

Outre cette réécriture de la guerre de Troie, on suit également les péripéties des Moravecs, originaires du côté de Jupiter, humanistes sous le charme des œuvres de Proust et Shakespeare, en mission sur Mars ; et un groupe d’humains qui tente de comprendre comment le monde dans lequel ils vivent est devenu ce qu’il est. À travers leur voyage, Simmons présente un monde utopique où vivent des humains proche des Eloïs de H.G. Wells dans La Machine à explorer le temps. Guidés par Savi, ils découvriront les maux qui ont ébranlé le monde d’antan.

Vous l’aurez compris, Dan Simmons a écrit avec Ilium une immense œuvre de SF que tous les amateurs devraient découvrir. Si la taille du livre peut en effrayer plus d’un, le texte se lit très facilement, malgré des termes parfois poussés, propre au genre, ou les passages avec les Moravecs qui ont tendance à traîner en longueur. Cela dit, la suite, Olympos fait plus de mille pages, mais reste un incontournable, tout comme l’une des œuvres les plus ambitieuses de Simmons : Drood, sorti en 2012 et qui raconte les dernières années de Charles Dickens.