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Carnage chez les Puppets de Brian Hanson

Hier soir, c’était Carnage chez les Puppets de Brian Hanson, qui n’est autre le fils de Jim Henson, le créateur des Muppets. D’ailleurs, le fils Hanson a mis en scène les marionnettes du papa dans les années 90 avec Noël chez les Muppets (1992) et L’Île au trésor des Muppets (1996). Il a ensuite continué avec d’autres réalisations à la télé, sans parler des nombreuses productions, avant de revenir derrière la caméra pour le cinéma avec son Carnage chez les Puppets, chamboulant l’univers enfantin du paternel. Est-ce que le risque pris par Brian Hanson en revenant sur le grand écran va-t-il convaincre ? Oui peut-être mais surement pas pour tout le monde.

Le film ouvre directement sur notre Puppet du jour, le détective privé Phil Phillips qui mène l’enquête pour démasquer un tueur en série s’en prenant aux anciennes stars du Happy Time Gang, une vieille série télévisée mettant en scène une humaine et des Puppets. Et pour cela, il s’alliera avec l’enquêtrice Connie Edward interprétée par notre tête d’affiche Melissa McCarthy (qu’on a pu voir dans le dernier SOS Fantômes). Niveau scénario, ça tient la route, l’intrigue étant une enquête policière toute somme classique mais solide ; même si l’on voit la conclusion à des kilomètres, l’histoire sert surtout de support pour ce détournement d’univers pour enfant, Brian Hanson retournant comme une chaussette la création de son père. Car ici, les marionnettes sont vulgaires, armées et violentes. On les verra se faire déchiqueter, dévorer, massacrer dans un déluge de coton, se défoncer au sucre (qui remplace la cocaïne) et forniquer à tout va. Si dans la première moitié du film, cet envers du décor fait sourire, voire rire, il en devient ridicule, limite malaisant, la surenchère étant mal maitrisée : pour l’éjaculation de serpentins, il aurait fallu s’arrêter plus tôt pour ne pas tomber dans le ravin.

C’est d’autant plus dommage que la critique du racisme et du machisme placée en filigrane s’avérait simple mais convaincante. Les Puppets, rabaissés et méprisés par les humains, se voient sombrer dans le crime et la prostitution. Certains en viennent même à la « chirurgie » pour ressembler aux humains et ne plus être persécutés. Il y avait beaucoup de bonnes idées pour faire une relecture des affres de la société, mais la perte de contrôle dans la deuxième moitié du film et la focalisation sur l’intrigue, empêchent de développer tout ça.

Casser l’univers enfantin original était un exercice fort intéressant, qui commençait bien, mais qui malheureusement, fini en eau de boudin à cause d’un manque de retenue dans la vulgarité, assumée certes, mais qui minimise l’impact du film. On y voit donc plus une volonté de la part de Hanson de couper les liens avec le paternel, de revendiquer le trône, que de créer une œuvre nouvelle et personnelle. Au final, Carnage chez les Puppets ne serait-il donc pas le bâtard d’un caprice œdipien ?