Vous pouvez aussi

me suivre sur : 

© 2018-2020 by Anthony Lamacchia
 
Contact : anthony_lamacchia@gmx.fr
  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

Blackkklansman de Spike Lee

Mis à jour : 23 août 2018

De retour de Blackkklansman de Spike Lee. Réalisateur des très bons Summer of Sam (1999) et Inside Man (2006) (également de Malcom X en 1992, mais je n’ai pas vu ce dernier), il s’est vu cette année attribuer la Palme d’or avec son dernier film, dont il est également producteur avec Jordan Peele, réalisateur de Get Out. Est-ce que le gagnant du Grand Prix vaut-il le détour ? Difficile de répondre.

Le film se présente à la fois comme un polar jonglant entre le drame et le comique, et aussi comme un manifeste politique, porte-parole de la cause noire américaine, et plus ouvertement contre la haine raciale. Inspiré de faits réels, Blackkklansman nous raconte l’histoire d’un policier noir (interprété par John David Washington) qui a réussi à infiltrer le Ku Klux Klan à l’aide notamment d’un de ses collègues blancs (joué ici par Adam Driver) durant les années 70. Une infiltration qui ne jouera à aucun moment avec nos nerfs, le film se focalisant bien entendu sur son message politique, ce qui globalement donne une action molle mais des scènes émotives — notamment celle avec Harry Belafonte, qui à mon sens, reste la meilleure du film, mais, se retrouvant noyé dans le reste de l’intrigue, aura au final l’effet d’un pétard mouillé.

Car justement, au milieu de cette réalisation mitigée à l’image parfois moche mais avec quelques belles trouvailles de montage, l'implication politique, certe sincère, a du mal à convaincre. D'un côté, nous avons des extrémistes tournés en dérision, efficacement interprétés, mais dont le ridicule ne fait en rien sentir la cruauté ou le danger. Et de l'autre, des manifestants et des insurgés en pleine crise identitaire qui malgré un noble combat s'emmêlent les pinceaux au sujet de leurs valeurs. ll en résulte alors un conflit manichéens simpliste qui défend maladroitement la lutte contre le racisme. Et comme c’est assaisonné d’arguments politiques faussés et contradictoires, la fin du film, à la fois niaise et poignante (grâce à ses images d’archive), m’a laissé sur cette triste conclusion : tout le monde se trompe !

Bref, il n’empêche que ma Palme d’or de cette année reste pour l’instant Under the Silver Lake.