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Avengers: Endgame de Joe & Anthony Russo

Mis à jour : 5 mai 2019


De retour de Avengers : Endgame de Joe & Anthony Russo. Un an après Infinity War, le vingt-deuxième film du MCU débarque et conclut (quasiment) l’épopée super-héroïque amorcée par Iron Man en 2008. Un immense challenge qui se doit d’être à la hauteur du précédent film, qui, sans être dénué de défauts, avait eu le mérite de réussir son pari. Qu’en est-il donc du dernier film des frères Russo ?

Suite directe d’Infinity War, les Avengers, cinq ans après leur défaite contre Thanos, tentent une ultime manœuvre dans l’espoir de ramener leurs amis disparus et défaire le titan une bonne fois pour toute. Je résume sommairement, afin d’éviter au maximum le spoil, mais il risque d’y en avoir malgré moi dans cet avis, même si évidemment, les grands moments du film ne seront pas paraphrasés.

On peut déjà dire que le film commence bien avec le retour de Jérémy Renner, alias Clint Barton, dans cette scène d’introduction qui donne le ton : la sombre et pesante défaite du dernier combat des Avengers. Loin de ce qu’on avait pu voir, le dramatique de la première heure présente des personnages survivants, tentant de se reconstruire dans un monde à moitié décimé. Le traitement de chacun est bien amené et reste cohérent à tous, excepté pour Thor, personnage totalement sacrifié et transformé en Big Lebowski grotesque… et il le restera jusqu’à la fin.

Mais, on est dans un blockbuster de super héros, alors il faut que ça bouge : grâce au retour de Ant-Man, un dernier espoir semble envisageable et les Avengers restants se réunissent pour mener un casse temporel… Oui, un casse temporel. Et là arrive ce que j’espérais ne jamais voir dans un film Marvel : du voyage dans le temps. Allant même jusqu’à critiquer Retour vers le futur, la deuxième heure se lance dans un découpage de séquences où les personnages vont revenir en arrière, à des moments plus ou moins importants des précédents films. Un moyen facile pour certains de nos protagonistes de boucler la boucle dans ce final qui peine à faire monter la sauce, même si l’on sent que les frères Russo se sont amusés avec ce rembobinage. Car oui, c’est partiellement émouvant, mais c’est foutrement lent et avare en scènes d’action. Malgré quelques bourre-pifs amusants, on est loin de ce que Marvel a l’habitude de nous servir. Et je ne vous parle pas des incohérences ou des raisons capillotractées qu’ont pondues les scénaristes pour justifier tout ce galimatias de contradictions. On aimerait passer l’éponge, mais cet humour mal calibré et bouffon continue de noircir le tableau : j’ai vraiment du mal avec ces blagues étirées jusqu’à l’absurde. Et la médaille revient à Thor, encore une fois… adieu le charisme du dieu du tonnerre.

Le pire reste peut-être Thanos. Si le personnage avait été très bien traité dans le précédent film, centrant l’action sur lui, il n’en est rien dans ce volet où l’antagoniste ultime, pour rester cohérent avec le scénario, se voit totalement dépouillé d’intérêt, de profondeur, au point que tout ce qui avait été mis en place dans Infinity War se retrouve ici effacé, rendu caduque. Et pour moi, Endgameest clairement un échec en tant que suite, le voyage temporel balayant les évènements précédents, rendant Infinity Warpresque obsolète.

Mais bon, le final arrive à nous faire passer la dernière heure sans trop grimacer, avec son ultime bataille à la Ready Player One. Mais bon, n’est pas Spielberg qui veut, niveau cadrage et dynamique, ce n’est pas toujours très propre. Mais au moins a-t-on droit à notre bonne grosse castagne comme bouquet final, malgré l’abus des nouvelles facultés de certains et des présences sous-exploitées, Captain Marvel en tête. J’en attendais beaucoup de ce personnage dans cet opus, j’espérais un meilleur traitement de la part des frères Russo que dans le film de Boden et Fleck… mais non, les types l’ont carrément laissé de côté. On saluera tout de même le traitement des dernières scènes et les allusions qui font échos aux précédents films, voire aux acteurs eux-mêmes. Au moins ça.

Bref, un final clairement décevant, qui n’arrive pas à la hauteur de son prédécesseur, à cause de facilités scénaristiques mal goupillées et une inégalité prononcée dans le traitement de ses personnages. Et pourtant, le film précédent avait fait en sorte d’en balayer la moitié. Heureusement qu’on se peut se réjouir d’une conclusion convaincante pour les têtes d’affiche... sauf Thor, bien sûr.