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Assassination Nation de Sam Levinson

De retour de Assassination Nation de Sam Levinson. Deuxième film du bonhomme après Another Happy Day, le fils de Barry Levinson tente le film satyrique avec une vision pop/moderne de la chasse aux sorcières aux allures d’American Nightmare, mais en plus inspiré. Qu’en est-il ?

Le film s’ouvre avec la traversée d’une artère de la ville de Salem où tous les habitants portent des masques tandis que la voix off de notre héroïne, Lily Colson, nous raconte que son patelin ultra-conservateur a pété une durite et a bien failli lui faire mordre la poussière, à elle et ses copines. Car en effet, un pirate informatique a eu la bonne idée d’hacker toute la petite ville et révéler les données personnelles de tous à tout le monde, dévoilant les secrets de chacun, jusqu’à briser la vie de nombreux individus et d’amener le chaos dans la vieille bourgade. Et avant d’entrer dans le vif du sujet, on nous prévient gentiment que le film sera violent, avec des scènes de viols, de meurtres, d’agressions, d’humiliations et tout le tremblement : sans atteindre la gravité d’un Gaspard Noé, on aura en effet droit à quelques scènes intéressantes.

Car oui, il faut bien admettre que niveau caméra, on a de jolies séquences : que ça soit les images fragmentées, les plans séquences, la saturation des couleurs, le son, le montage dynamique, on nous propose des moments pressants et malaisants, servant bien les propos du film, même si certains détails sont tout simplement incohérents. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié la scène vers la fin du film avec ce long plan séquence qui suit les mouvements des personnages à l’intérieur de la maison depuis l’extérieur, permettant au spectateur de découvrir lentement ce qui se prépare pendant que les protagonistes se croient (plus ou moins) en sécurité.

Néanmoins, malgré un scénario qui tient la route et quelques scènes fortes (du moins écrit sur le papier), les personnages du film sont trop lisses et archétypaux pour donner suffisamment de force aux propos du film. Devant tant de cliché et de discours puérils, on ne creuse pas assez le sujet pour lui apporter une véritable authenticité et son impact s’en voit réduit.

De ce fait, Assassination Nation reste visuellement très satisfaisant mais parle maladroitement au point de ne pas se faire suffisamment entendre. Un film grande gueule qui aurait gagné à se la jouer plus subtile lorsque ses protagonistes ouvrent la bouche.