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Alita: Battle Angel de Robert Rodriguez

De retour de Alita : Battle Angel de Robert Rodriguez. Depuis que Guillermo Del Toro a fait découvrir le manga Gunnm de Yukito Kishiro à James Cameron, celui-ci a immédiatement exprimé le désir de l’adapter sur grand écran. Le projet rentre en préproduction début 2000, mais les autres travaux du bonhomme, notamment Avatar, lui font repousser la date de sortie d’Alita. Toujours occupé par les suites de son dernier film, il confie finalement le bébé à son ami Robert Rodriguez (réalisateur d’Une nuit en enfer et Sin City ) mais reste à la production et signe le scénario. Plus de quinze ans après son annonce, le film sort enfin en salle. Après autant de temps d’attente, a-t-on droit à un film dépassé ou peaufiné ?

Déjà, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que Cameron a gardé un immense contrôle sur son film, Rodriguez semblant suivre à la lettre les consignes du producteur, que ça soit sur l’esthétique, les thèmes, le rythme… Allez savoir ce qu’il en serait advenu si le réalisateur de Planète Terreur avait eu carte blanche, mais fort est de constater que l’univers dystopique de Kishiro est très bien respecté : largement inspiré de l’animé de Hiroshi Fukutomi, incluant des éléments des différentes séries du manga papier, on retrouve l’esthétique post-apocalyptique avec Iron City et Zalem, les matchs de Motorball, les personnages phares… On reste très près du matériau d’origine, graphiquement superbe, mais en le rendant tout de même plus accessible : l’immense décharge qu’est devenu le monde est plus colorée, moins glauque, la violence a été grandement revue à la baisse et certains antagonistes ont perdu en charisme et en cruauté. En ce qui concerne l’héroïne, Gally Alita, correctement interprétée par l’actrice Rosa Salazar, elle garde une plastique calquée sur le manga avec ses grands yeux et son caractère mêlant innocence et impétuosité. Un rôle bien écrit, tout comme sa relation avec le personnage de Yugo Hugo. De plus, les éléments sur son passé sont proprement inclus dans l’histoire, sans casser la trame principale.

Côté scénario, Cameron a eu le temps de bien caser le plus important de l’intrigue du manga dans le format des deux heures du long-métrage. Le film prend son temps, garde un très bon rythme et aborde les thèmes principaux, sans pour autant les creuser ou leur donner la même force qu’il y a dans l’œuvre de Kishiro. Par contre, niveau action, on est sur du très lourd ! Que ça soit les scènes de baston ou les matchs de Motorball, c’est précis, c’est bien cadré, c’est nerveux… on a du très bon ! On regrette cela dit que le final manque d’éclat. C’est d’ailleurs le vrai bémol de ce film : il manque de puissance dans ses scènes clés, et l’univers trop lissé, l’empêche d’avoir un impact dramatique aussi fort que dans la série de Kishiro.

Globalement donc, on a un bon film de science-fiction, une adaptation fidèle du manga, et assurément le meilleur film de Robert Rodriguez depuis Sin City, sans être pour autant — selon moi — aussi bon. On aurait aimé que le Ghost in the Shell avec Scarlett Johansson ait le même traitement.