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Ad Astra de James Gray


De retour de Ad Astra de James Gray. Premier film de science-fiction pour le réalisateur de La nuit nous appartientet The Lost City of Z. De plus en plus polyvalent, en laissant derrière lui le polar et le film noir, celui qui est plus apprécié en Europe qu’aux Etats-Unis signe-t-il ici une nouvelle œuvre remarquable ?

Roy McBride, interprété par Brad Pitt, est un ingénieur astronaute travaillant sur une station spatiale. Suite à un incident provoqué par une surcharge provenant de Neptune, il est envoyé en mission pour retrouver son père (Tommy Lee Jones), disparu seize ans auparavant. En effet, McBride senior était à la tête d’une mission de recherche de vie extraterrestre dont l’équipe avait établi une base sur Neptune. Les récents évènements pourraient signifier que le père de Roy soit toujours en vie.

On va donc suivre Brad Pitt jusqu’aux confins de notre système solaire en passant par la lune et Mars, colonisées par les hommes. Niveau anticipation, nous avons un film pertinent avec ses bases lunaires envahies par les boutiques et restaurants, ses disputes de territoires et ses voyages interminables. C’est un univers cohérent et j’ai grandement apprécié le travail de Gray dans le rythme et dans ses scènes d’action : l’ouverture du film est vertigineuse et la course-poursuite sur la lune est des plus satisfaisante.

Mais là où Gray réussit vraiment, c’est quand il applique ses thématiques de prédilection dans le cadre étouffant et froid de l’espace : le rapport au père, et par extension, à la famille, le choix cornélien ; autant d’éléments que nous avons déjà pu retrouver dans ses précédents films. Dans Ad Astra, il y a cette gravité dans le drame qui ne cesse de croître alors que Brad Pitt s’aventure plus loin encore de la Terre. Une gravité qui prend aux tripes, propre au cinéma intimiste de Gray et qui parvient à trouver sa place dans les ténèbres de l’espace. Un vide spatial qui a pourtant maintes fois été exploré dans le cinéma, et pas par n’importe qui. Aussi retrouvera-t-on l’inspiration des plus grands sur la pellicule de Gray : le lent et silencieux voyage de Kubrick, bien entendu, mais aussi la quête (et non conquête) spatiale à la Nolan vue dans Interstellar, et la photographie et les jeux de lumière de Villeneuve dans Blade Runner 2049.

Néanmoins, c’est aussi cette masse de références qui donne au film cette impression constante de déjà vu et manque ainsi d’apporter sa petite touche de nouveautés au genre. La prise de risques est absente même si Gray a bien fait son travail… en regardant chez le voisin.

Bref, autant dire que le film de voyage spatial à grosse tête d’affiche de cette année est de bonne facture. Même s’il reste moins spectaculaire qu’Interstellaret moins scientiste que Seul sur Mars, James Gray apporte une pierre bien taillée mais discrète à cet édifice typiquement américain.

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