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1917 de Sam Mendes

Le week-end dernier, je suis enfin allé voir le 1917 de Sam Mendes. Après Skyfall et Spectre, il range le costume de 007 pour revenir à un genre déjà mis en scène avec Jarhead : La Fin de l’innocence, le film de guerre.

Sauf que là, on remonte le temps jusqu’à la première guerre mondiale, en plein dans les tranchées. Le talent est-il donc toujours au rendez-vous ?

Will Schofield et Tom Blake, deux soldats britanniques sont chargés d’une mission périlleuse : aller au-delà des lignes ennemies pour apporter un ordre d’annulation afin d’éviter que mille six cents soldats anglais, dont le frère de Blake, ne tombent dans un piège tendu par les allemands.

Simple, le pitch se veut être clair et efficace. Vu l’objectif à atteindre, c’est un excellent choix, surtout que l’enjeu est bien présent, et l’on retrouve aussi des thématiques récurrentes de Mendes comme les liens familiaux. Pour ce qui est de ses personnages, si le genre ne permet pas ici de grandes originalités, on est dans la fiabilité, et ça marche très bien.

Ne tournons pas autour du pot, la particularité de ce film est d’être composé de deux immenses (et faux) plans séquences, ce qui renforce grandement l’immersion et ne donne aucun temps mort à l’action (ou presque). Techniquement, si ce n’est pas le premier film à y parvenir, la prouesse technique est bien là, surtout que Mendes est un adepte de ce genre de plan à rallonge (les James Bond du monsieur en étant de très bons exemples). Ici, le travelling de la caméra nous amène d’un pré vers le camp, puis les tranchées, puis le champ de bataille, sans la moindre coupure et avec une forte intensité. La musique de Thomas Newman est un élément indispensable à la gravité des plans survolant les corps mutilés jonchant le no man’s land, les errances dans les plaines désertes et les explorations des villes en ruine. Autant dire que niveau photographie, plan, et chorégraphie, on est sur du bon tout le long du film. Sans parler du fait qu’on croise de belles têtes d’affiche. Que demander de plus donc ?

Personnellement, j’aurais voulu plus de confrontations, de tension au niveau des affrontements, relativement faible en fin de compte. D’autres, je pense, pesteront aussi pour les quelques longueurs présentes, mais qui sont dues à la technique utilisée. Cela dit, le milieu du film a tendance à trop se reposer, faisant retomber l’adrénaline de la première heure, jusqu’à la dernière ligne droite, bien menée, mais avec un final qui manque un peu d’éclat. Après, Mendes, respectueux des mémoires de son aïeul, a préféré jouer la carte du (presque) réalisme et on ne peut lui en vouloir.

1917, sans révolutionner le genre, nous offre du grand spectacle comme Sam Mendes sait le faire. Une intrigue simple et efficace, pas de fioriture dans l’écriture, une mise en scène millimétrée, avec une caméra et une musique bien accordées, seules les quelques (trop) longues pauses font défaut à ce film et à ses objectifs.