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Ça : Chapitre 2 de Andrés Muschietti

Mis à jour : 18 sept 2019


Le week-end dernier, je suis enfin allé voir le chapitre 02 du Ça d’Andrés Muschietti. Suite et fin de la nouvelle adaptation du roman de Stephen King amorcée en 2017. Cette fois-ci, Gary Dauberman se retrouve seul au scénario et exit Fukunaga à l’écriture, qui initialement devait réaliser le projet. Petite différence qui, selon moi, a des conséquences sur le résultat de cette conclusion, Dauberman ayant signé les scénarios des trois Annabelle (et il réalisera le dernier), ainsi que la Nonne. En d'autres termes, ça ne peut rien présager de bon... 

Vingt-sept ans après le premier film, le Club des Ratés se réunit suite à l’appel de l’un des leurs pour affronter de nouveau Grippe-Sou, revenu semer la terreur à Derry. Découvrant les origines de Ça, ils décident d’accomplir un rituel pour le vaincre définitivement.

Rituel assez mal introduit, mais qui reste dans l’optique d’être fidèle au livre. Muschietti amorce d’ailleurs le retour de Ça de la même façon que le maître de l’horreur dans son roman. Le clown est plus violent encore que dans le premier film, certes, mais ses répliques sont mal écrites et sa présence manque cruellement d’authenticité. Surtout qu’il passe au second plan dans la première moitié du film, principalement axé sur les retrouvailles des membres du Club des Ratés (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi), avant leur déambulation dans Derry, à la recherche d’artefacts pour le rituel et profitant de se rappeler leur enfance à l’aide de… flashbacks. Donc nous avons aussi droit au retour des jeunes acteurs et nombreuses de leurs scènes, à mon sens, auraient dû se retrouver dans le premier film. Ont-ils voulu rattraper quelques loupés ? Peut-être, mais en attendant, ces passages avec les enfants rendent certains du premier film caducs et ajoutent des longueurs inutiles à ce deuxième chapitre qui auraient pu être évitées si les violons avaient été mieux accordés entre les deux productions : pourquoi diable la scène où Richie se fait poursuivre par la statue géante n’est pas dans le premier film ? Ça aurait évité cette peur incohérente et absurde des clowns.

Pour ce qui est des scènes d’épouvante, encore une fois, Muschietti fourmille de bonnes idées. Il y a cependant une mauvaise gestion de l’humour qui a tendance à désamorcer certaines séquences d’horreur. Mais j’ai particulièrement apprécié le moment où Beverly se rend à l’appartement de son père ou alors celui de Bill allant à la fête foraine pour secourir un jeune garçon. Ce passage est aussi l’un des rares instants où le film est correctement accordé à son prédécesseur, car il est dans la continuité du sentiment de culpabilité de Bill suite à la mort de son frère et sa quête de rédemption : n’ayant pu sauver George, il tente de sauver cette nouvelle vie convoitée par Ça. La recette fonctionne : elle apporte une nouvelle lecture de l’œuvre de King, puisque inédite, non évoquée dans le roman, et traitée dans les deux films, de bout en bout. La liaison entre Beverly et Ben est aussi abordée astucieusement, notamment à la fin (j’ai d’ailleurs apprécié le clin d’œil au Shiningde Kubrick).

Parlons-en de la fin : bordélique et puérile. Certains moments sont d’ailleurs vraiment ridicules. Pour le coup, le film de 1990 s’en sortait clairement mieux, malgré l’avalanche d’effets spéciaux que nous avons là. Et le discours de conclusion, naïf, est loin d’être pertinent... sans parler de la lettre d'adieu de Stanley : une aberration. 

Bref… je ne m’attarderai pas sur le traitement d’Henry Bowers ou d'Audra, la femme de Bill, totalement sacrifiée dans ce film, et vais conclure en disant que cette adaptation, même si elle se veut être fidèle au roman, n’arrive pas à aborder ses thématiques avec efficacité et détériore le traitement de ses personnages en ajoutant des éléments bancals, non coordonnés au premier film. Pourtant, niveau adaptation de roman de Stephen King, il faut dire qu’il y a bien pire.